
La Toscane incarne l’essence même de l’Italie rêvée : des collines ondulantes parsemées de cyprès élancés, des villages médiévaux perchés sur des promontoires rocheux, et des vignobles à perte de vue qui produisent certains des plus grands vins du monde. Cette région du centre de l’Italie, berceau de la Renaissance, offre bien plus qu’un simple voyage touristique. Elle invite à une immersion totale dans un art de vivre raffiné, où chaque repas devient une célébration, chaque panorama une œuvre d’art vivante, et chaque rencontre une leçon d’humanité. Entre patrimoine culturel exceptionnel et traditions gastronomiques ancestrales, la Toscane séduit les voyageurs en quête d’authenticité et de beauté intemporelle.
Les villages médiévaux du chianti : san gimignano, monteriggioni et greve in chianti
Le cœur de la Toscane bat au rythme de ses villages médiévaux, véritables joyaux architecturaux qui semblent avoir traversé les siècles sans prendre une ride. Ces bourgs fortifiés, nichés au sommet des collines du Chianti, racontent l’histoire tumultueuse des républiques italiennes et des rivalités entre Florence et Sienne. Leur préservation exceptionnelle permet aujourd’hui de découvrir l’architecture défensive, les ruelles pavées et les places centrales qui constituaient le cœur de la vie sociale médiévale. Ces villages ne sont pas de simples musées à ciel ouvert : ils restent habités, animés par des artisans, des vignerons et des restaurateurs qui perpétuent des savoir-faire séculaires.
San gimignano et ses quatorze tours médiévales classées UNESCO
San Gimignano se distingue par sa silhouette unique, hérissée de tours qui lui ont valu le surnom de « Manhattan médiévale ». Au Moyen Âge, la ville comptait jusqu’à 72 tours, construites par les familles nobles pour affirmer leur puissance et leur richesse. Aujourd’hui, quatorze de ces structures vertigineuses subsistent, conférant au village une atmosphère incomparable. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1990, San Gimignano attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs qui arpentent ses ruelles étroites, découvrent ses fresques du XIVe siècle dans la Collégiale, et grimpent au sommet de la Torre Grossa pour admirer un panorama exceptionnel sur les collines environnantes.
La visite de San Gimignano constitue également une excellente occasion de déguster le Vernaccia di San Gimignano, premier vin blanc italien à obtenir l’appellation DOC en 1966. Les enotecas du village proposent des dégustations accompagnées de produits locaux comme le safran, cultivé dans la région depuis le XIIIe siècle. L’architecture religieuse du bourg mérite une attention particulière : l’église Sant’Agostino abrite des fresques remarquables de Benozzo Gozzoli, tandis que la Piazza della Cisterna, avec son pavement en briques disposées en arête de poisson, offre un cadre photogénique inoubliable.
Monteriggioni : forteresse circulaire du XIIIe siècle sur la via francigena
Monteriggioni frappe par sa forme circulaire parfaite et ses remparts intacts, percés de quatorze tours qui semblent monter la garde depuis plus de huit siècles. Cette forteresse fut érigée par les Siennois entre
le début du XIIIe siècle pour contrôler la Via Francigena, l’ancienne route de pèlerinage reliant la France à Rome. En franchissant la Porta Fiorentina ou la Porta Romana, vous entrez dans un décor presque inchangé depuis le Moyen Âge : ruelles étroites, maisons de pierre serrées les unes contre les autres, petite église romane dédiée à Santa Maria Assunta… Tout ici évoque la fonction militaire du site, imaginé comme un rempart avancé contre les ambitions florentines.
Une promenade sur le chemin de ronde, accessible par plusieurs escaliers, permet de faire le tour complet des murailles et d’observer un panorama saisissant sur les collines du Chianti et les Crete Senesi. Monteriggioni est aussi une halte privilégiée pour les randonneurs de la Via Francigena, qui traversent encore aujourd’hui le bourg avec leur sac à dos et leur carnet de pèlerin. Si vous voyagez en famille, le petit musée des armures et reconstitutions médiévales offre une immersion ludique dans la vie quotidienne des soldats et des chevaliers du XIIIe siècle.
Greve in chianti : capitale œnologique et place triangulaire emblématique
Considérée comme la porte d’entrée du Chianti Classico, Greve in Chianti s’organise autour d’une place centrale triangulaire, la Piazza Matteotti, bordée d’arcades et de petites boutiques. Longtemps lieu de marché et de foires agricoles, cette place reste aujourd’hui le cœur battant de la ville, animé par des enotecas, des épiceries fines et des artisans. On y trouve notamment des cavistes historiques qui proposent une sélection impressionnante de vins du Chianti, du Brunello di Montalcino ou du Vino Nobile di Montepulciano.
Greve constitue une base idéale pour un séjour en Toscane entre vignobles et villages perchés. Depuis le bourg, de nombreux sentiers balisés traversent les collines, les oliveraies et les domaines viticoles. Une visite de l’église Santa Croce, aux œuvres d’art remarquables, complète agréablement la découverte. Si vous y passez un samedi matin, ne manquez pas le marché hebdomadaire, parfait pour goûter aux produits locaux : charcuteries, fromages pecorino, huile d’olive du Chianti et pain rustique toscan.
Castellina in chianti et ses vestiges étrusques souterrains
Perché sur une crête stratégique entre Sienne et Florence, Castellina in Chianti illustre la superposition des civilisations qui ont façonné la Toscane. Avant d’être une bourgade médiévale fortifiée, le site fut un important centre étrusque, comme en témoignent les tombes monumentales des environs et les vestiges conservés au musée archéologique. La ville actuelle est ceinturée de remparts massifs et dominée par une forteresse du XIVe siècle, le Rocca, transformée en espace d’exposition et en belvédère sur les vignes environnantes.
La particularité la plus surprenante de Castellina réside dans la Via delle Volte, une galerie voûtée souterraine qui longe les murailles et servait autrefois à des fins défensives. Aujourd’hui, ce passage est ponctué de petites échoppes, de bars à vin et de points de vue percés dans la pierre, d’où l’on observe la campagne du Chianti comme à travers des meurtrières panoramiques. En flânant dans les ruelles pavées, vous croiserez peut-être des habitants attablés devant un verre de Chianti Classico, rappelant que ce village, comme tant d’autres en Toscane, vit au rythme de la vigne et des saisons.
Radda in chianti : architecture défensive et rues pavées médiévales
Ancien poste avancé de la Ligue du Chianti, Radda in Chianti conserve encore aujourd’hui son plan médiéval resserré, ceinturé de remparts et de portes fortifiées. Ses ruelles sinueuses, pavées de pierres irrégulières, serpentent entre des maisons en pierre blonde, des petites places ombragées et des loggias caractéristiques de l’architecture toscane. La place principale, dominée par le Palazzo del Podestà orné de blasons, rappelle le rôle administratif du bourg à l’époque où il était le siège de la ligue florentine dans la région.
Radda est aussi un lieu de séjour privilégié pour rayonner à pied dans le Chianti. De nombreux itinéraires de randonnée permettent de rejoindre des hameaux voisins, d’anciennes abbayes et des moulins restaurés. En fin de journée, les enotecas du centre historique vous accueillent pour découvrir la diversité des vins toscans, souvent accompagnés de planches de charcuteries et de fromages. Vous cherchez un village médiéval en Toscane où l’on ressent encore l’âme de la campagne toscane ? Radda, avec son ambiance paisible et ses panoramas sur les vallées plantées de vignes, répond parfaitement à cette envie.
Œnotourisme en toscane : appellations DOCG et routes viticoles d’exception
Impossible d’évoquer un séjour en Toscane sans parler de vin. La région compte 11 appellations DOCG (Denominazione di Origine Controllata e Garantita), niveau de qualité le plus élevé dans la classification italienne, et plus de 40 DOC. Des collines du Chianti aux pentes de Montalcino, en passant par les plateaux de Montepulciano et la côte des Étrusques, chaque terroir raconte une histoire différente, faite de microclimats, de cépages autochtones et de traditions familiales. L’œnotourisme en Toscane, c’est à la fois l’art de la dégustation, la découverte de domaines historiques et la rencontre avec des vignerons passionnés.
Pour profiter pleinement des routes des vins toscans, mieux vaut organiser vos visites à l’avance : la plupart des grands domaines se visitent uniquement sur réservation, avec des créneaux dédiés à la découverte des chais, des vignobles et des salles de barriques. Pensez aussi à alterner journées de dégustation et journées de visite culturelle afin de garder un rythme agréable. Enfin, si vous prévoyez plusieurs dégustations dans une même journée, il est fortement conseillé de désigner un conducteur qui ne boit pas ou d’opter pour un chauffeur privé ou des transferts organisés.
Brunello di montalcino DOCG : terroir des crus de Biondi-Santi et casanova di neri
Le Brunello di Montalcino figure parmi les vins les plus prestigieux d’Italie, souvent comparé aux grands crus bordelais ou bourguignons. Élaboré exclusivement à partir de sangiovese grosso (localement appelé Brunello), il doit vieillir au minimum cinq ans, dont au moins deux en fût, avant de pouvoir être commercialisé. Cette longue maturation confère aux vins une structure tannique impressionnante, des arômes complexes de fruits noirs, d’épices, de cuir et parfois de sous-bois. Les grandes années peuvent se garder plusieurs décennies, ce qui en fait un choix prisé des collectionneurs.
Parmi les domaines emblématiques, Biondi-Santi est souvent cité comme le « père » du Brunello moderne, tandis que Casanova di Neri illustre une approche plus contemporaine et expressive de l’appellation. Lors d’une visite œnotouristique, vous aurez généralement l’occasion de découvrir les vignes plantées sur des coteaux ventilés, les chais souterrains aux alignements de barriques impressionnants, puis de participer à une dégustation commentée. Pour apprécier pleinement un Brunello, n’hésitez pas à le marier avec la cuisine locale : viandes mijotées, gibier, pecorino affiné ou truffe noire de la région.
Vino nobile di montepulciano : caves historiques et dégustations souterraines
Moins connu que le Brunello à l’international, le Vino Nobile di Montepulciano DOCG est pourtant l’un des plus anciens vins de prestige d’Italie, mentionné dès le XVIe siècle dans des écrits de nobles florentins. Produit à partir de sangiovese (ici appelé Prugnolo Gentile) complété par d’autres cépages autochtones, il offre un profil élégant, avec des notes de fruits rouges, de violette, de tabac blond et d’épices douces. Vieilli au minimum deux ans, il se distingue par une structure équilibrée, parfois plus accessible dans sa jeunesse que certains Brunello.
La singularité de Montepulciano tient aussi à ses caves creusées directement sous les palais Renaissance du centre historique. Descendre dans ces galeries voûtées, parfois à plusieurs niveaux, c’est littéralement plonger dans le passé viticole de la ville. De nombreuses maisons ouvrent leurs portes aux visiteurs pour des parcours guidés, ponctués de dégustations dans des salles éclairées à la bougie. Pour une expérience complète, vous pouvez associer cette découverte au Vino Nobile à une promenade sur les remparts, offrant l’une des plus belles vues sur le Val d’Orcia et les collines toscanes environnantes.
Chianti classico : route du gallo nero entre florence et sienne
Le Chianti Classico, reconnaissable à son emblème du « Gallo Nero » (coq noir) apposé sur le goulot, constitue le cœur historique de la production de Chianti. Cette zone, délimitée dès le XVIIIe siècle, s’étend entre Florence et Sienne, autour de villages comme Greve, Radda, Castellina ou Gaiole. Les vins, majoritairement issus du sangiovese, se caractérisent par leur fraîcheur, leurs arômes de cerise, de violette et d’herbes méditerranéennes, ainsi que par une belle acidité qui en fait d’excellents compagnons de table.
Emprunter la SR222, souvent surnommée « Chiantigiana », c’est suivre l’une des plus belles routes panoramiques d’Italie. Les domaines viticoles s’y succèdent au rythme des collines, chacun offrant une interprétation différente du Chianti Classico : styles plus traditionnels avec grands foudres de chêne, ou plus modernes avec barriques françaises. De nombreux producteurs proposent des visites incluant une balade dans les vignes, une découverte des chais puis une dégustation de plusieurs cuvées, parfois accompagnées d’huile d’olive maison et de produits fermiers. Vous rêvez d’une route des vins en Toscane à faire sur plusieurs jours ? La Route du Gallo Nero est un excellent point de départ.
Super toscans du bolgheri : sassicaia, ornellaia et zone DOC littorale
À l’opposé géographique et stylistique du Chianti Classico, la zone de Bolgheri, sur la côte tyrrhénienne, est le berceau des célèbres « Super Toscans ». Nés dans les années 1960-1970, ces vins ont bouleversé les règles en s’affranchissant des cahiers des charges traditionnels pour élaborer des cuvées haut de gamme à partir de cépages bordelais (cabernet sauvignon, merlot, cabernet franc…). Sassicaia et Ornellaia comptent parmi les noms les plus prestigieux, régulièrement cités dans les classements internationaux.
Classée en DOC Bolgheri depuis 1994, la zone profite d’un microclimat particulier, marqué par la proximité de la mer, des vents réguliers et des sols graveleux rappelant parfois certaines régions françaises. Les domaines se visitent souvent sur rendez-vous, avec des expériences œnotouristiques plus « premium » : dégustations verticales de vieux millésimes, accords mets-vins élaborés, ou visites privées des vignobles au coucher du soleil. En prolongeant la route le long de la Costa degli Etruschi, vous pouvez facilement combiner découverte des Super Toscans, baignades sur les plages de sable fin et visites de sites archéologiques étrusques.
Val d’orcia : paysages UNESCO entre pienza, montalcino et bagno vignoni
Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004, le Val d’Orcia est sans doute le paysage le plus emblématique de la Toscane. Collines aux courbes douces, champs de blé dorés, rangées de cyprès qui soulignent la perspective, fermes isolées et petites routes blanches serpentant entre les vallons : tout ici semble avoir été composé par un peintre de la Renaissance. Pourtant, ce décor est bien vivant, façonné par des siècles d’agriculture, de pastoralisme et de viticulture. Le Val d’Orcia est l’endroit rêvé pour un road trip en Toscane, mais aussi pour un séjour plus contemplatif, rythmé par les bains thermaux, les randonnées et les dégustations de produits locaux.
Les saisons transforment profondément l’ambiance de la vallée : vert intense du printemps, moisson dorée en été, lumières rasantes de l’automne qui font ressortir les reliefs… Vous vous demandez quand partir en Toscane pour profiter de ces paysages ? Les mois d’avril-mai et septembre-octobre offrent souvent le meilleur compromis entre climat agréable, moindre affluence et beauté des panoramas. Quelle que soit la période choisie, privilégiez des hébergements à la campagne, agritourismes ou villas, pour vous réveiller chaque matin face à ce tableau grandeur nature.
Pienza : cité idéale renaissance de pie II et pecorino DOP
Pienza, petite ville perchée au cœur du Val d’Orcia, est souvent présentée comme la « cité idéale » de la Renaissance. Reconfigurée au XVe siècle par le pape Pie II et l’architecte Bernardo Rossellino, elle illustre les principes humanistes d’harmonie urbaine, de proportions équilibrées et de dialogue entre architecture et paysage. La Piazza Pio II, encadrée par la cathédrale, le Palazzo Piccolomini et l’évêché, en est l’expression la plus achevée, avec sa perspective ouverte sur la vallée par-delà le chevet de l’église.
Pienza est également réputée pour son pecorino DOP, un fromage de brebis à la saveur plus ou moins affirmée selon le temps d’affinage. Les petites boutiques de la rue principale exposent des meules de différentes tailles, délicatement enveloppées dans des feuilles de noix, des herbes aromatiques ou de la cendre. Une dégustation de pecorino accompagnée d’un verre de vin blanc local, sur une terrasse dominant le Val d’Orcia, fait partie de ces plaisirs simples qui résument à eux seuls l’art de vivre toscan. Ne manquez pas de longer le belvédère au coucher du soleil : la lumière dorée qui caresse les collines y est tout simplement magique.
Montalcino : forteresse du brunello et panoramas sur les crete senesi
Situé à l’extrémité occidentale du Val d’Orcia, Montalcino domine la vallée du haut de son promontoire, couronné par une imposante forteresse du XIVe siècle. Les remparts, parfaitement conservés, offrent un point de vue spectaculaire sur les Crete Senesi, ces collines d’argile sculptées par l’érosion qui composent l’un des paysages les plus singuliers de la Toscane. À l’intérieur des murailles, le centre historique dévoile un dédale de ruelles pavées, de petites places et d’églises discrètes, où l’on croise autant de caves à vin que de boutiques d’artisanat.
Capitale du Brunello, Montalcino vit au rythme de la vigne : près de 3 500 hectares sont aujourd’hui consacrés au célèbre cépage sangiovese grosso. De nombreux domaines ont pignon sur rue, proposant des bars à vin, des dégustations commentées et des ventes directes aux particuliers. Pour une expérience œnotouristique complète, combinez la visite du village à une ou deux propriétés à proximité, en privilégiant des domaines qui ouvrent leurs chais et expliquent leurs méthodes de vinification. Si vous aimez marcher, plusieurs sentiers balisés descendent de Montalcino vers les vallées environnantes, offrant des paysages de carte postale entre vignes, oliveraies et bois de chênes.
Bagno vignoni : thermalisme romain et vasque centrale sulfureuse
À quelques kilomètres seulement de Pienza et San Quirico d’Orcia, Bagno Vignoni surprend par son plan urbain unique : au centre du village, ce n’est pas une place pavée qui s’étend, mais un grand bassin d’eau thermale, alimenté par des sources chaudes connues depuis l’époque romaine. Entourée de maisons en pierre et de loggias, cette vasque centrale dégage en permanence de légers nuages de vapeur, surtout en automne et en hiver, créant une atmosphère presque irréelle.
Si la baignade est aujourd’hui interdite dans le bassin historique, plusieurs établissements thermaux et hôtels voisins exploitent la même source pour proposer des piscines extérieures et des soins bien-être. Après une journée de visite dans le Val d’Orcia, s’immerger dans une eau naturellement chaude, face aux collines, est un véritable privilège. Vous cherchez un village thermal en Toscane pour un week-end détente ? Bagno Vignoni est l’adresse idéale, d’autant qu’il se combine facilement avec la découverte des villes d’art environnantes.
San quirico d’orcia : jardins horti leonini et cyprès solitaires photographiques
Souvent moins connue que Pienza ou Montalcino, San Quirico d’Orcia mérite pourtant une halte prolongée. Ancienne étape sur la Via Francigena, la ville conserve un centre médiéval aux ruelles pittoresques, bordées de palais, d’églises romanes et de petits commerces. Le joyau de San Quirico, ce sont les Horti Leonini, jardins à l’italienne créés au XVIe siècle, qui offrent un savant mélange de géométrie végétale, de statues et de perspectives sur les collines environnantes.
Les environs de San Quirico abritent également certains des paysages les plus photographiés du Val d’Orcia : alignements de cyprès solitaires, routes bordées d’arbres montant vers une ferme isolée, champs labourés formant des vagues de terre. Vous avez sans doute déjà vu ces images sur des cartes postales ou des réseaux sociaux ; les contempler de vos propres yeux, au lever ou au coucher du soleil, donne une tout autre dimension à votre voyage. Pour préserver ces lieux, pensez à respecter les propriétés privées et à rester sur les chemins balisés.
Patrimoine artistique florentin : galerie des offices, duomo et ponte vecchio
Capitale de la Toscane et berceau de la Renaissance, Florence concentre à elle seule une telle densité de chefs-d’œuvre qu’elle pourrait justifier un voyage à part entière. Pourtant, dans le cadre d’un séjour en Toscane entre villages perchés, vignobles et art de vivre, elle s’intègre parfaitement comme étape urbaine incontournable. Son centre historique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, se parcourt aisément à pied, permettant de passer en quelques minutes d’une église gothique à un palais Renaissance, puis à un pont médiéval enjambant l’Arno.
La Galerie des Offices figure parmi les musées les plus visités d’Europe, avec plus de 4 millions de visiteurs annuels ces dernières années. Les salles déploient un parcours impressionnant à travers la peinture italienne, de Giotto à Caravage, en passant par Botticelli, Léonard de Vinci ou Michel-Ange. Pour éviter les files d’attente, la réservation en ligne est fortement recommandée, surtout entre avril et octobre. Une astuce consiste à opter pour un créneau tôt le matin ou en fin de journée, afin de profiter d’un peu plus de calme dans les salles les plus célèbres.
Symbole absolu de Florence, le Duomo – ou Cattedrale di Santa Maria del Fiore – fascine par son dôme signé Brunelleschi, véritable prouesse technique achevée au XVe siècle. Sa façade de marbre polychrome, ses portes de bronze et ses fresques intérieures en font un chef-d’œuvre de l’art gothique et Renaissance. Monter au sommet de la coupole ou du campanile de Giotto demande un certain effort (plus de 400 marches), mais la vue à 360° sur les toits ocres de la ville récompense largement l’ascension. N’hésitez pas à coupler cette visite avec le Baptistère et le musée de l’Opera del Duomo pour comprendre l’ensemble du complexe religieux.
Enfin, impossible de quitter Florence sans traverser le Ponte Vecchio, pont médiéval bordé de boutiques de bijoutiers, qui fut longtemps le seul pont à enjamber l’Arno. Aujourd’hui, il attire autant les photographes que les flâneurs, surtout au coucher du soleil lorsqu’il se pare de reflets dorés. Pour admirer le pont dans toute sa splendeur, gagnez la rive opposée et suivez les quais jusqu’à la terrasse surélevée de la galerie Vasari, ou montez jusqu’au Piazzale Michelangelo pour une vue panoramique sur l’ensemble de la ville.
Gastronomie toscane : cuisine cucina povera et produits DOP régionaux
Si la Toscane séduit autant, c’est aussi parce que l’on y mange et boit remarquablement bien. La cuisine toscane repose sur le principe de la cucina povera, littéralement « cuisine pauvre », c’est-à-dire l’art d’accommoder des ingrédients simples et locaux pour créer des plats savoureux et nourrissants. Pain sans sel, huile d’olive vierge extra, légumineuses, légumes de saison, viandes mijotées et fromages de brebis constituent la base de cette gastronomie rurale, que l’on retrouve aujourd’hui aussi bien dans les trattorias familiales que dans les tables gastronomiques.
Parmi les spécialités incontournables, citons la ribollita (soupe épaisse de pain et de légumes), la pappa al pomodoro (velouté de pain et de tomate), la bistecca alla fiorentina (côte de bœuf épaisse grillée au feu de bois), ou encore les pici, grosses pâtes roulées à la main typiques du sud de la région. Les produits DOP et IGP jouent un rôle central : huile d’olive Toscano IGP, pecorino di Pienza DOP, jambon toscan, lardo di Colonnata, châtaignes du Mugello, pour n’en citer que quelques-uns. Lors de votre séjour, n’hésitez pas à réserver un cours de cuisine dans un agritourisme ou une villa : apprendre à préparer des pâtes fraîches ou un tiramisu avec une nonna locale est souvent un souvenir aussi marquant qu’une visite de musée.
La Toscane est également un paradis pour les amateurs de marchés et de circuits courts. À Florence, le Mercato Centrale rassemble producteurs et artisans dans une halle historique où l’on peut aussi bien faire ses courses que déjeuner sur place. Dans les villages, les marchés hebdomadaires offrent l’occasion de rencontrer les producteurs, de goûter des fruits et légumes gorgés de soleil, ou de découvrir des spécialités moins connues comme les fromages de chèvre, les miels aromatisés ou les pâtisseries traditionnelles (cantucci, ricciarelli, panforte…). En soirée, installez-vous en terrasse avec un verre de Chianti Classico et quelques antipasti : c’est souvent là que l’on ressent le mieux l’art de vivre toscan, fait de lenteur assumée et de convivialité.
Côte des étrusques : plages d’elbe, castiglioncello et sanctuaires archéologiques
Si l’on associe volontiers la Toscane à ses collines intérieures, la région dispose également d’un littoral varié et préservé, bordant la mer Tyrrhénienne. La Costa degli Etruschi, ou côte des Étrusques, s’étend de Livourne à Piombino et au-delà, alternant plages de sable fin, criques rocheuses, pinèdes ombragées et petits ports animés. Son nom rappelle la présence, dès l’Antiquité, de cette civilisation raffinée qui a laissé des nécropoles, des sanctuaires et des vestiges urbains dans toute la zone.
Au large, l’île d’Elbe constitue la plus grande des îles de l’archipel toscan. Célèbre pour avoir accueilli Napoléon en exil en 1814, elle séduit aujourd’hui par la diversité de ses paysages : plages de galets ou de sable blanc, falaises plongées dans une mer turquoise, sentiers de randonnée balisés à travers le maquis et les anciennes mines de fer. Un séjour en Toscane peut facilement intégrer quelques jours à Elbe, en alternant baignade, balade en bateau, plongée ou snorkeling. Les liaisons en ferry depuis Piombino sont fréquentes, surtout en haute saison, mais une réservation anticipée reste recommandée.
Sur le continent, des stations comme Castiglioncello, San Vincenzo ou Baratti & Populonia offrent un bon équilibre entre infrastructures balnéaires et nature protégée. Castiglioncello, avec ses villas de la Belle Époque, ses criques rocheuses et ses pins maritimes, fut longtemps un lieu de villégiature prisé des artistes italiens. Plus au sud, le golfe de Baratti abrite l’un des sites archéologiques étrusques les plus importants de Toscane, avec les vestiges de la ville de Populonia et ses nécropoles à hypogées. Explorer ces lieux, c’est relier en un même itinéraire plages, vignobles côtiers (Bolgheri n’est pas loin) et mémoire millénaire.
Pour qui souhaite varier les plaisirs entre mer, culture et gastronomie, la côte des Étrusques représente une alternative séduisante aux itinéraires purement terrestres. Vous pouvez, par exemple, consacrer quelques jours à la découverte de Florence et du Chianti, avant de descendre vers Bolgheri et les plages de la Maremme, puis embarquer pour une escapade sur l’île d’Elbe. De quoi composer un voyage en Toscane à la fois complet et harmonieux, entre villages perchés, vignobles d’exception et douceur maritime.