Le Canada abrite l’un des réseaux de parcs nationaux les plus spectaculaires au monde, offrant aux randonneurs des expériences uniques dans des paysages d’une beauté saisissante. Avec ses 48 parcs nationaux répartis sur plus de 340 000 kilomètres carrés, le territoire canadien protège des écosystèmes d’une richesse exceptionnelle, des sommets enneigés des Rocheuses aux toundras arctiques du Grand Nord. Ces espaces préservés constituent des sanctuaires pour une faune diversifiée et offrent aux amateurs de randonnée pédestre des défis techniques variés, des sentiers familiaux aux expéditions de plusieurs semaines. L’exploration de ces territoires sauvages nécessite une préparation minutieuse et une compréhension approfondie des conditions particulières du climat canadien.

Parcs nationaux emblématiques des rocheuses canadiennes : banff, jasper et yoho

Les parcs nationaux des Rocheuses canadiennes représentent l’essence même de la nature sauvage nord-américaine. Ces trois joyaux – Banff, Jasper et Yoho – forment un ensemble de près de 20 000 kilomètres carrés d’écosystèmes alpins préservés, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1984. La chaîne des Rocheuses s’élève majestueusement sur plus de 4 000 mètres d’altitude, créant un laboratoire naturel exceptionnel où cohabitent plus de 1 000 espèces de plantes vasculaires et une faune comprenant 56 espèces de mammifères.

L’architecture géologique de cette région résulte de processus tectoniques complexes s’étalant sur 180 millions d’années. Les formations calcaires, les schistes argileux et les quartzites offrent des paysages contrastés, des vallées glaciaires aux cirques alpins. Cette diversité géomorphologique génère une multitude de microclimats, permettant l’épanouissement d’une biodiversité remarquable à différentes altitudes.

Sentiers techniques du parc national banff : plain of six glaciers et valley of the five lakes

Le sentier Plain of Six Glaciers constitue l’un des parcours les plus exigeants du parc national Banff, s’étalant sur 14,4 kilomètres avec un dénivelé positif de 365 mètres. Cette randonnée technique débute au célèbre lac Louise et serpente à travers des moraines glaciaires jusqu’à un refuge historique datant de 1927. Les randonneurs expérimentés peuvent observer six glaciers distincts : Lefroy, Victoria, Aberdeen, Upper Lefroy, Lower Victoria et Pope’s Peak.

Le Valley of the Five Lakes Trail offre une expérience différente mais tout aussi spectaculaire, avec ses 4,5 kilomètres de sentier modérément difficile. Chaque lac présente une couleur unique, résultant de la profondeur variable et de la concentration en particules glaciaires en suspension. Cette variation chromatique, allant du turquoise au vert émeraude, illustre parfaitement les phénomènes optiques liés à la diffusion de la lumière dans l’eau.

Corridors de faune sauvage du parc jasper : observation des grizzlys sur le maligne lake trail

Le parc national Jasper abrite la plus importante population de grizzlys des Rocheuses canadiennes, avec environ 109 individus recensés dans un territoire de 10 878 kilomètres carrés. Le Maligne Lake Trail, long de 44 kilomètres, traverse plusieurs corridors de faune essentiels à la migration s

uit des ours, des wapitis et des caribous des bois. Pour les randonneurs, cette cohabitation avec la grande faune impose une vigilance constante : les sections de prairie subalpine et de forêt dense sont des zones de pâturage privilégiées, en particulier au printemps et au début de l’été. Il est recommandé de progresser en groupe compact, de faire du bruit régulièrement et de transporter un vaporisateur de gaz poivré facilement accessible, accroché à la bretelle du sac plutôt qu’au fond du sac à dos.

Le Maligne Lake Trail illustre parfaitement la notion de corridor écologique. De vastes couloirs non fragmentés permettent aux grizzlys de rejoindre les zones de nourriture saisonnière, des pentes couvertes de baies aux versants où les marmottes abondent. Les gestionnaires du parc Jasper ont mis en place des fermetures temporaires de sentiers et des limitations de groupe obligatoires dans certains secteurs sensibles. Avant toute randonnée de plusieurs jours, vous devrez donc consulter les avis officiels de Parcs Canada pour connaître les restrictions en vigueur et adapter votre itinéraire.

Formations géologiques exceptionnelles de yoho : burgess shale et takakkaw falls

Le parc national Yoho est souvent perçu comme le laboratoire géologique des Rocheuses canadiennes. Ses fameuses couches de Burgess Shale renferment l’une des plus importantes concentrations de fossiles du Cambrien au monde, âgés d’environ 508 millions d’années. Ces gisements, situés à plus de 2 000 mètres d’altitude, ne sont accessibles qu’en excursion guidée autorisée, afin de préserver ce patrimoine fragile. Pour les passionnés de randonnée et de géologie, suivre un guide-interprète sur ces sentiers, c’est un peu comme feuilleter un manuel d’évolution grandeur nature.

Autre icône du parc, les chutes Takakkaw comptent parmi les plus hautes du Canada, avec une hauteur cumulée de près de 373 mètres et une chute libre principale d’environ 254 mètres. Le sentier d’accès, relativement court et de difficulté facile à modérée, permet d’observer de près la puissance de l’érosion glaciaire qui a sculpté la vallée de la rivière Yoho. En été, le débit alimenté par le champ de glace Waputik crée un nuage de bruine permanent, rappelant à quel point les dynamiques hydrologiques façonnent les paysages alpins. Assurez-vous de protéger votre matériel photo et prévoyez une couche imperméable : la proximité des chutes transforme rapidement la randonnée en douche naturelle.

Systèmes de réservation obligatoire et quotas de fréquentation pour les sentiers populaires

Face à l’affluence croissante des amateurs de randonnée au Canada, les parcs des Rocheuses ont mis en place des systèmes de réservation et des quotas de fréquentation sur plusieurs sentiers emblématiques. C’est le cas notamment pour le secteur du lac O’Hara à Yoho, certaines boucles d’arrière-pays de Jasper ou les campings le long de la Skyline Trail. Cette régulation vise à limiter l’érosion, réduire les conflits entre usagers et préserver la quiétude de la faune. Concrètement, vous devrez souvent réserver plusieurs mois à l’avance sur les plateformes officielles, surtout si vous visez la haute saison de juillet à septembre.

Ces quotas transforment la préparation de votre trek en véritable exercice de logistique. Il ne s’agit plus seulement de choisir un sentier, mais de composer avec des fenêtres de réservation précises, des durées de séjour imposées et parfois des sens de circulation obligatoires. Vous gagnez toutefois en qualité d’expérience : moins de randonneurs sur le sentier signifie moins de bruit, plus de chances d’observer les animaux et une empreinte environnementale réduite. Pensez à prévoir un plan B dans votre itinéraire au Canada : un sentier alternatif ou un parc moins fréquenté, en cas d’indisponibilité de votre première option.

Écosystèmes boréaux et arctiques : exploration des parcs du grand nord canadien

Au-delà des Rocheuses, le Canada déploie au nord un immense territoire de taïga, de toundra et de montagnes arctiques. Les parcs nationaux du Grand Nord – souvent accessibles uniquement par avion-brousse ou par bateau – offrent une expérience de randonnée radicalement différente. Ici, pas de sentiers balisés à tous les kilomètres ni de refuges confortables : vous évoluez dans des paysages quasi intacts, où la présence humaine demeure marginale. Le randonneur devient explorateur, et chaque décision – itinéraire, campement, gestion de la nourriture – a des implications directes sur sa sécurité.

Ces écosystèmes boréaux et arctiques se caractérisent par des saisons extrêmement contrastées. En été, le soleil de minuit prolonge les journées de marche, mais les marécages, les moustiques et les rivières en crue compliquent la progression. En hiver, la neige et la glace transforment ces mêmes paysages en désert blanc, propice au ski de randonnée ou à la pulka, mais exigeant un matériel technique de haute performance. Un voyage de randonnée dans le Grand Nord ne s’improvise jamais : il suppose des compétences avancées en autonomie, navigation et premiers secours en milieu isolé.

Parc national nahanni : descente de la rivière south nahanni et virginia falls

Situé dans les Territoires du Nord-Ouest, le parc national Nahanni est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses canyons vertigineux, ses sources thermales et ses chutes spectaculaires. La rivière South Nahanni, longue de plus de 500 kilomètres, constitue l’axe principal de ce territoire sauvage. La plupart des itinéraires combinent canot ou packraft et randonnée en autonomie sur les plateaux avoisinants, offrant une immersion complète dans un paysage karstique unique. Les canyons atteignent par endroits plus de 1 000 mètres de profondeur, rappelant certains paysages du Colorado, mais sans route d’accès.

Au cœur du parc, les Virginia Falls – ou Náįlįcho en langue dénée – impressionnent par leur largeur et leur hauteur, presque deux fois celle des chutes du Niagara. Un réseau de sentiers aménagés autour du site permet de varier les points de vue, entre belvédères sécurisés et bords de falaises plus exposés. La majorité des visiteurs rejoignent le secteur par hydravion depuis Fort Simpson, mais de plus en plus d’adeptes de trekking au Canada intègrent les Virginia Falls dans de longues expéditions fluviales. Dans tous les cas, la météo changeante et l’isolement exigent un plan d’évacuation d’urgence bien défini.

Réserve de parc national auyuittuq : trekking sur la passe akshayuk au nunavut

La réserve de parc national Auyuittuq, sur l’île de Baffin au Nunavut, est l’une des destinations de trek arctique les plus emblématiques du pays. La passe Akshayuk, un couloir glaciaire long d’environ 100 kilomètres, relie les communautés de Pangnirtung et Qikiqtarjuaq. Ce corridor encadré par des parois de granit, dont les célèbres monts Asgard et Thor, évoque un mélange de Patagonie et d’Himalaya, mais sous latitude polaire. Il n’existe pas de sentier au sens classique du terme : vous évoluez sur des moraines, des névés et parfois des portions de glace vive, en traînant votre équipement dans une pulka ou sur le dos.

Les conditions de randonnée en milieu arctique exigent une planification méticuleuse. La saison de trekking se limite généralement à la courte fenêtre de juillet à début septembre, lorsque la glace se retire partiellement des fjords et que les températures deviennent positives en journée. L’autonomie alimentaire est totale, tout comme la gestion des risques liés aux rivières de fonte glaciaire, qui peuvent devenir infranchissables en quelques heures. Ici plus qu’ailleurs, l’usage de balises de détresse satellite n’est pas un luxe, mais un élément central de votre système de sécurité.

Adaptation climatique extrême : équipement spécialisé pour les températures arctiques

Randonner dans le Grand Nord canadien, c’est accepter de composer avec des écarts de température pouvant dépasser 30 °C en quelques jours, voire en quelques heures. En été, le vent catabatique qui descend des glaciers peut faire chuter la température ressentie en dessous de zéro, même par ciel dégagé. D’où l’importance d’un système de couches performant : sous-vêtements techniques en laine mérinos, couche intermédiaire isolante en duvet ou en synthétique et veste extérieure coupe-vent et imperméable. La règle est simple : mieux vaut pouvoir enlever une couche que regretter de ne pas l’avoir emportée.

Pour le bivouac, un sac de couchage certifié à au moins -10 °C (confort) s’avère indispensable en été arctique, associé à un matelas isolant avec un indice R élevé. Les chaussures doivent combiner robustesse, imperméabilité et capacité d’isolation, souvent complétées par des guêtres montantes pour affronter la boue, la neige résiduelle et les rivières peu profondes. Pensez aussi à la protection des extrémités : moufles, bonnet couvrant les oreilles, masque ou buff pour le visage. En milieu polaire, la moindre erreur d’équipement peut se payer très cher, un peu comme partir en haute altitude avec une simple tenue de randonnée de plaine.

Protocoles de sécurité ours polaires dans les territoires du Nord-Ouest

Contrairement aux parcs des Rocheuses où dominent ours noirs et grizzlys, les régions côtières du Nunavut et de la baie d’Hudson sont le royaume de l’ours polaire. Dans ces zones, la sécurité face aux ours polaires devient un volet central de la préparation. Les randonneurs doivent suivre des formations spécifiques, souvent proposées par Parcs Canada ou des opérateurs locaux, abordant la reconnaissance des traces, les comportements à adopter et les procédures en cas de rencontre. La gestion des odeurs alimentaires est primordiale : tous les vivres doivent être stockés dans des barils hermétiques, éloignés du camp principal.

Dans certains parcs, il est obligatoire de porter une arme à feu ou de voyager avec un guide agréé pour les excursions en autonomie. Même si ces mesures peuvent surprendre les randonneurs habitués aux parcs plus au sud, elles reflètent la réalité d’un territoire où l’humain n’est qu’un visiteur occasionnel. Les dispositifs de dissuasion – fusées éclairantes, pétards, clôtures électriques portatives autour du campement – complètent ce dispositif de sécurité. Vous vous demandez si ces précautions sont réellement nécessaires ? Songez que, dans ces latitudes, l’ours polaire est un super-prédateur parfaitement adapté à son environnement, et que la meilleure rencontre reste celle qui n’a jamais lieu.

Biodiversité marine et côtière : randonnées littorales de Terre-Neuve et Nouvelle-Écosse

Si le Canada évoque souvent montagnes et forêts, ses côtes atlantiques offrent aux randonneurs un terrain de jeu tout aussi fascinant. À Terre-Neuve-et-Labrador comme en Nouvelle-Écosse, les sentiers côtiers serpentent entre falaises, caps venteux et baies abritées où remontent les baleines. La randonnée littorale au Canada permet d’observer en un même itinéraire une succession d’écosystèmes : landes battues par les embruns, forêts d’épinettes, marais salés et plages de galets. La lumière changeante de l’Atlantique Nord, parfois douce et dorée, parfois dure et métallique, métamorphose le paysage d’une heure à l’autre.

Le parc national du Gros-Morne, déjà évoqué pour ses fjords et ses Tablelands, possède également un littoral spectaculaire où falaises et plateaux se jettent dans l’océan. Plus au sud, le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, est traversé par le célèbre Cabot Trail, qui offre une multitude de points de départ pour des boucles de randonnée côtière. Dans ces parcs, la faune marine joue un rôle central dans l’expérience du randonneur : baleines à bosse, rorquals communs, phoques gris et colonies d’oiseaux marins ponctuent régulièrement l’horizon.

Le contraste entre la stabilité apparente des falaises et le mouvement incessant de l’océan rappelle que ces paysages spectaculaires sont en perpétuelle évolution sous l’action de l’érosion marine.

Marcher le long de ces côtes, c’est aussi composer avec une météo très changeante. Le brouillard peut envelopper en quelques minutes un cap ensoleillé, réduisant la visibilité et rendant l’orientation plus délicate. Un coupe-vent imperméable, une couche chaude et un bonnet sont indispensables même en plein été. Sur certains itinéraires, les marées dictent littéralement votre horaire : des sections de plage ne sont franchissables qu’à marée basse, sous peine de se retrouver piégé au pied d’une falaise. Avant toute randonnée au bord de l’océan, il est crucial de consulter les tables de marées locales et de prévoir une marge de sécurité.

Techniques de navigation et cartographie numérique pour les sentiers de longue distance

Avec l’essor des applications mobiles, la navigation en randonnée au Canada a profondément évolué. Pourtant, dans un pays où de vastes zones restent hors couverture cellulaire, la technologie ne remplace jamais complètement les compétences de base en orientation. Sur les sentiers de longue distance – qu’il s’agisse de traverser un parc des Rocheuses ou de s’engager dans l’arrière-pays boréal – combiner outils numériques et cartes papier reste la stratégie la plus sûre. En montagne comme en forêt, un brouillard épais ou une tempête de neige peut faire disparaître en quelques minutes des repères que vous jugiez évidents.

On peut voir la navigation comme une double sécurité : le GPS comme ceinture, la carte topographique comme bretelles. Tant que les deux fonctionnent, vous êtes confortable. Si l’un lâche – batterie vide, appareil défectueux, carte mouillée – l’autre prend le relais. Investir du temps pour maîtriser ces techniques d’orientation en randonnée est souvent ce qui fait la différence entre une simple mésaventure et une situation d’urgence.

Applications GPS spécialisées : AllTrails canada et gaia GPS pour la planification d’itinéraires

Parmi les outils numériques les plus utilisés par les randonneurs, AllTrails (et sa déclinaison canadienne) ainsi que Gaia GPS occupent une place de choix. Ces applications permettent de consulter des milliers de tracés de sentiers de randonnée au Canada, avec profils d’altitude, niveaux de difficulté et retours d’expérience d’autres utilisateurs. Avant le départ, vous pouvez télécharger les cartes en mode hors ligne, créer vos propres itinéraires et estimer le temps de marche en fonction du dénivelé et de votre condition physique. C’est un peu comme emporter avec vous un topo-guide interactif, constamment mis à jour par la communauté.

Sur le terrain, le suivi GPS en temps réel vous aide à rester sur la bonne trajectoire, même en l’absence de balisage. Attention toutefois à ne pas tomber dans le piège de la surconfiance : un tracé partagé en ligne n’est pas une garantie absolue de sécurité. Certains itinéraires peuvent être obsolètes, passer dans des zones aujourd’hui fermées ou sous-estimer des passages techniques. Avant d’adopter un parcours proposé par une application, croisez toujours les informations avec les ressources officielles de Parcs Canada et les cartes topographiques récentes.

Systèmes de coordonnées UTM et lecture des cartes topographiques 1:50000

La plupart des cartes topographiques utilisées pour la randonnée au Canada adoptent le système de coordonnées UTM (Universal Transverse Mercator). Contrairement aux coordonnées géographiques classiques (latitude/longitude), l’UTM exprime votre position en mètres par rapport à une origine de zone, ce qui simplifie grandement l’estimation des distances sur le terrain. Une case de 1 000 mètres sur la grille UTM correspond à un kilomètre réel, rendant les calculs intuitifs : 3 cases horizontales et 2 verticales, vous voilà à environ 3,6 kilomètres de votre point de départ.

Lire une carte topographique à l’échelle 1:50 000 signifie qu’un centimètre sur le papier représente 500 mètres sur le terrain. Les courbes de niveau, espacées généralement de 20 mètres de dénivelé, vous renseignent sur la pente : des courbes serrées signalent un versant raide, des courbes espacées une progression plus douce. Vous vous demandez comment traduire ces lignes en ressenti sous vos pieds ? Imaginez un accordéon : plus vous rapprochez les plis, plus la pente est marquée. Apprendre à combiner boussole, azimuts et grille UTM vous donne une autonomie précieuse, surtout lorsque la visibilité se dégrade ou que les sentiers disparaissent sous la neige.

Balises de géolocalisation d’urgence : SPOT et inreach pour les zones isolées

Dans de nombreux parcs nationaux du Canada, notamment au Yukon, au Nunavut ou dans les Territoires du Nord-Ouest, la couverture cellulaire est inexistante dès que l’on quitte les villages. Les balises de géolocalisation d’urgence comme SPOT ou Garmin inReach deviennent alors des partenaires essentiels. Reliées à des réseaux satellites, elles permettent d’envoyer des messages préprogrammés, de partager votre position en temps réel avec vos proches et, en dernier recours, de déclencher un signal de détresse transmis aux services de secours. Sur certains itinéraires, les autorités recommandent vivement – voire exigent – leur utilisation.

Le choix entre SPOT et inReach dépendra de vos besoins. Les appareils SPOT privilégient les messages simples et les fonctions SOS, tandis que les terminaux inReach offrent en plus une messagerie bidirectionnelle par texte, pratique pour adapter un plan en fonction de la météo ou d’un incident. Dans tous les cas, il est crucial de paramétrer l’appareil avant le départ, de vérifier la validité de l’abonnement satellite et de tester l’envoi de messages. Une balise rangée au fond du sac, batterie vide, ne sert à personne.

Météorologie montagnarde : interpretation des données d’environnement canada

La météo en montagne canadienne est notoirement changeante. Un ciel clair au petit matin peut laisser place en quelques heures à des averses de neige, même au cœur de l’été. En préparation de toute randonnée en montagne au Canada, consulter les prévisions détaillées d’Environnement Canada est une étape incontournable. Le service propose des bulletins spécifiques pour de nombreuses régions alpines, incluant températures attendues à différentes altitudes, vents en crête et risques d’orages. Ces informations, combinées à votre expérience du terrain, vous aident à ajuster votre horaire et votre itinéraire.

Apprendre à lire entre les lignes d’un bulletin météo, c’est un peu comme déchiffrer une partition avant un concert. Une probabilité d’averse de 60 % n’a pas la même signification qu’un avis de pluie persistante ou qu’une alerte d’orage violent. En montagne, la présence d’un front froid, d’un fort gradient de pression ou de vents supérieurs à 40 km/h en altitude doit vous inciter à la prudence. Sur les itinéraires exposés, il est souvent plus sage de reporter une ascension ou de raccourcir une étape que de s’entêter dans des conditions défavorables.

Réglementation environnementale et principes leave no trace en milieu protégé

Les parcs nationaux du Canada sont régis par une réglementation stricte visant à protéger des écosystèmes souvent fragiles. Pour les randonneurs, cela se traduit par des règles claires : camping uniquement sur des emplacements désignés, interdiction de cueillir plantes et champignons, feux autorisés exclusivement dans les foyers prévus à cet effet, chiens tenus en laisse en tout temps et drones proscrits. Ces contraintes ne sont pas là pour compliquer votre séjour, mais pour garantir que ces espaces restent intacts pour les générations futures. Chaque pas laissé hors sentier dans une zone alpine sensible peut mettre des années à cicatriser.

Les principes Leave No Trace (ou « Sans trace ») complètent ce cadre réglementaire par une éthique du comportement en plein air. Ils encouragent à planifier sa sortie pour minimiser les impacts, à camper à bonne distance des sources d’eau, à gérer ses déchets de manière exemplaire et à respecter la faune en gardant ses distances. Vous hésitez à ramasser cette jolie roche fossilisée ou cette plume rare en souvenir ? Rappelez-vous que, dans un parc national, ces éléments font partie du patrimoine collectif. Les laisser en place, c’est contribuer à la richesse de l’expérience des prochains visiteurs.

  • Préparez et planifiez votre randonnée : renseignez-vous sur les réglementations propres à chaque parc, les fermetures de sentiers et les périodes de nidification sensibles.
  • Respectez la faune : observez les animaux à distance, ne les nourrissez jamais et adaptez votre comportement pour ne pas modifier leurs habitudes naturelles.

Adopter ces pratiques responsables ne réduit en rien le plaisir de la randonnée au Canada, bien au contraire. Vous prenez conscience de votre place dans l’écosystème, de votre rôle de visiteur temporaire dans des milieux qui fonctionnaient bien avant votre passage et qui continueront de le faire après. Cette humilité face à la nature sauvage est souvent ce que les trekkeurs retiennent de plus marquant de leurs expéditions canadiennes.

Équipement technique spécialisé pour les conditions canadiennes extrêmes

Du climat maritime de la Colombie-Britannique aux hivers mordants du Nunavut, le Canada impose une exigence particulière en matière d’équipement. Un même sac à dos ne conviendra pas pour un week-end sur le sentier de la côte Ouest et pour un trek de dix jours dans la toundra arctique. La clé réside dans l’adaptation : choisir un équipement de randonnée pour le Canada spécifiquement pensé pour l’humidité, le froid, le vent et la variabilité des conditions. En montagne, par exemple, il est fréquent de passer en une journée de sentiers poussiéreux à des traversées de névés, puis à des orages violents.

Le trio de base – chaussures, sac à dos, système de couchage – mérite une attention particulière. Des chaussures montantes, imperméables et dotées d’une semelle agressive assurent stabilité et protection sur les terrains rocheux et boueux. Un sac à dos d’une capacité adaptée à la durée de votre trek (40 à 60 litres pour plusieurs jours) doit offrir un bon report de charge sur les hanches et des points d’attache extérieurs pour piolets, bâtons ou raquettes. Enfin, un système de couchage combinant sac, matelas isolant et abri résistant au vent constitue votre « refuge portable », essentiel dans un pays où les abris construits sont rares en dehors des zones les plus fréquentées.

  1. Pour les Rocheuses et les parcs de l’Ouest, privilégiez des vêtements à séchage rapide, un réchaud fiable à gaz ou essence, et des bâtons de marche pour soulager vos genoux dans les longues descentes.
  2. Pour le Grand Nord et les parcs arctiques, ajoutez des bottes isolantes, des moufles coupe-vent, un surpantalon imperméable et un système de filtration ou d’ébullition de l’eau adapté aux rivières glaciaires.

Les accessoires complètent ce dispositif : lunettes de soleil à forte protection pour la réverbération sur la neige et les glaciers, guêtres pour les sentiers boueux ou enneigés, trousse de premiers secours adaptée aux risques spécifiques (ampoules, entorses, hypothermie légère) et bien sûr, vaporisateur de gaz poivré dans les régions fréquentées par les ours. Investir dans un équipement technique fiable pour randonner au Canada, c’est un peu comme s’offrir une assurance confort et sécurité. Vous réduisez les imprévus matériels pour vous concentrer pleinement sur l’essentiel : l’expérience brute de la nature sauvage canadienne.