L’expérience d’un safari en Afrique reste gravée dans les mémoires comme l’une des aventures les plus captivantes qu’un voyageur puisse vivre. Observer des lions en pleine chasse, contempler des troupeaux d’éléphants traversant la savane au coucher du soleil, ou assister à la traversée spectaculaire de milliers de gnous franchissant une rivière infestée de crocodiles représente bien plus qu’un simple voyage touristique. C’est une immersion totale dans la nature sauvage, où chaque instant révèle la beauté brute et l’équilibre fragile des écosystèmes africains. Pourtant, organiser un safari demande une compréhension approfondie des différentes formules proposées et des destinations les plus adaptées à vos attentes. Que vous recherchiez l’intimité d’une réserve privée ou l’immensité des parcs nationaux, chaque option offre une perspective unique sur la faune africaine.

Les différentes formules de safari : game drive, safari à pied et safari nocturne

Le safari traditionnel se décline aujourd’hui en plusieurs formules, chacune offrant une expérience distincte et complémentaire. Comprendre ces différentes approches vous permettra de composer un voyage qui répond précisément à vos envies d’aventure et d’observation animalière. Les opérateurs locaux ont développé au fil des décennies une expertise remarquable, adaptant leurs prestations aux attentes variées des visiteurs internationaux.

Le game drive en 4×4 : organisation des sessions matinales et vespérales

Le game drive constitue la colonne vertébrale de pratiquement tous les safaris africains. Cette sortie en véhicule tout-terrain ouvert permet de couvrir de grandes distances tout en offrant une sécurité optimale face aux prédateurs. Les rangers expérimentés connaissent parfaitement les territoires des différents groupes animaux et utilisent un réseau de communication radio pour partager les observations exceptionnelles. Un game drive typique débute avant l’aube, moment où les températures fraîches stimulent l’activité des félins et autres carnivores. Les véhicules, généralement équipés de sièges surélevés, accueillent entre six et dix passagers, garantissant à chacun une vue dégagée. La session matinale s’achève habituellement vers 10 heures, lorsque la chaleur devient trop intense et que les animaux recherchent l’ombre.

Le walking safari avec ranger armé dans les réserves privées

Pour les voyageurs en quête d’une connexion plus profonde avec la nature, le walking safari représente une alternative exceptionnelle. Accompagné d’un ranger armé et d’un pisteur local, vous explorez la brousse à pied, développant une conscience sensorielle totalement différente. Cette formule, généralement limitée à six participants, transforme radicalement la perception de l’environnement. Chaque bruissement dans les buissons, chaque empreinte dans la poussière, chaque odeur portée par le vent prend une signification nouvelle. Les rangers partagent leur connaissance approfondie des plantes médicinales, des techniques de pistage et des comportements animaux. Bien que les rencontres rapprochées avec des grands prédateurs restent rares, l’adrénaline générée par la possibilité d’une telle confrontation ajoute une dimension unique à l’expérience. Ces safaris à pied sont principalement proposés dans les réserves privées d’Afrique australe, où la réglementation permet cette pratique sous conditions strictes.

Le safari nocturne pour observer les prédateurs en activité

La nuit africaine révèle un univers totalement différent de

la journée. À la tombée du jour, lorsque la chaleur retombe et que la lumière décline, les véhicules repartent équipés de puissants projecteurs. Le safari nocturne permet d’observer une faune majoritairement invisible en plein jour : genettes, civettes, galagos, porcs-épics, chacals mais aussi les grands félins en pleine activité de chasse. Un second ranger, placé à l’avant du véhicule, balaie la brousse avec son faisceau lumineux à la recherche des reflets caractéristiques des yeux dans l’obscurité. Le silence est alors primordial : vous entendez les cris d’alarme des impalas, le grondement lointain d’un lion, le rire étrange de la hyène. Dans de nombreuses réserves privées du Greater Kruger, au Botswana ou en Zambie, ce type de safari complète idéalement les sorties de jour pour offrir une vision 24h/24 de la vie sauvage.

Le safari en montgolfière au-dessus du masai mara et du serengeti

Pour ceux qui souhaitent vivre un moment véritablement hors du temps, le safari en montgolfière au-dessus du Masai Mara ou du Serengeti est une expérience inoubliable. Le départ a lieu avant l’aube : après un café pris à la lueur des lanternes, vous assistez au gonflage de l’enveloppe colorée dans le silence presque total de la plaine. Une fois la nacelle en l’air, le ballon glisse au-dessus de la savane, suivant la direction du vent, à quelques dizaines de mètres du sol. Vous contemplez alors les troupeaux comme sur une carte vivante : éléphants en colonne, girafes disséminées comme des points d’exclamation, rivières sinueuses où se prélassent les hippopotames.

En saison de Grande Migration, l’effet est saisissant : des dizaines de milliers de gnous et de zèbres forment des rubans compacts qui se déplacent sous vos pieds. À mesure que le soleil se lève, les couleurs se réchauffent et sculptent le paysage de contrastes dorés. Le vol, qui dure généralement entre 45 minutes et une heure, se termine par un atterrissage en douceur suivi d’un petit-déjeuner au champagne en pleine brousse, dressé sur nappes blanches comme dans les récits des pionniers. Cette activité, onéreuse mais très encadrée, doit être réservée bien en avance, en particulier de juillet à octobre au Masai Mara et de décembre à mars au sud du Serengeti, périodes de forte demande.

Déroulement type d’une journée de safari en lodge et en camp mobile

Que vous séjourniez dans un lodge de luxe ou sous tente en camp mobile, le déroulement d’une journée de safari suit partout en Afrique un rythme assez similaire, dicté par l’activité de la faune et les variations de température. Comprendre cette organisation vous aide à mieux anticiper vos journées, à optimiser vos observations et à gérer votre énergie. Les horaires peuvent varier légèrement selon la saison et la localisation (Afrique de l’Est ou Australe), mais la structure reste la même : activité intense aux heures fraîches, repos aux heures chaudes, puis retour sur le terrain en fin d’après-midi.

Le réveil avant l’aube et le game drive matinal de 6h à 10h

Le réveil se fait en général entre 5h et 5h30, parfois avec un café ou un thé déposé devant votre tente par l’équipe du camp. Pourquoi si tôt ? Parce que l’aube est la meilleure fenêtre pour observer les grands prédateurs et les comportements de chasse, mais aussi pour bénéficier d’une lumière idéale pour la photographie. Après une collation légère, vous montez à bord du 4×4 vers 6h, au moment où la première lueur grise remplace la nuit. Les températures sont fraîches, il est donc recommandé de prévoir une polaire et parfois même une couverture fournie par le lodge.

Durant ces quatre heures de game drive, le ranger concentre ses efforts sur les zones de transition : points d’eau, clairières en lisière de forêt, lits de rivières asséchées. C’est là que les animaux se déplacent pour boire ou pour regagner leurs refuges diurnes. Vous pouvez ainsi surprendre des lions qui regagnent une zone ombragée après une chasse nocturne, des hyènes encore actives, ou de grands troupeaux d’herbivores en pâture. Vers 8h ou 9h, une pause est généralement prévue au milieu de la brousse pour un café, un jus de fruit et quelques biscuits, avant de reprendre la route vers le lodge aux alentours de 10h.

Le brunch au lodge et la pause pendant les heures chaudes

De retour au camp, un copieux brunch est servi, souvent sous forme de buffet mêlant options internationales et spécialités locales. Après plusieurs heures d’attention soutenue, c’est le moment de vous détendre, de recharger vos batteries (au sens propre comme au figuré pour vos appareils photo) et de trier vos premières images. Le personnel du lodge reste disponible pour répondre à vos questions naturalistes, commenter les observations de la matinée ou vous aider à identifier un oiseau ou un mammifère aperçu fugacement.

Les heures suivantes, généralement de midi à 15h30-16h, sont volontairement laissées libres. Les animaux, comme vous, cherchent l’ombre et limitent leurs déplacements pendant cette période de forte chaleur. Vous pouvez en profiter pour piquer une sieste, feuilleter un guide de terrain, profiter de la piscine si le lodge en possède une, ou simplement observer au calme les allées et venues des animaux autour du camp. Dans les camps mobiles, cette pause est aussi le moment où l’équipe logistique s’active discrètement : entretien des véhicules, préparation du feu pour le dîner, approvisionnement en eau chaude pour les douches de brousse.

Le game drive de l’après-midi de 16h jusqu’au coucher du soleil

Vers 16h, alors que le soleil commence à descendre et que l’air se rafraîchit, vous repartez pour un second game drive. L’ambiance est très différente de celle du matin : la lumière devient plus douce, les couleurs se saturent et les ombres s’allongent. De nombreux animaux sortent à nouveau de leur refuge, notamment les éléphants qui se dirigent vers les points d’eau, les girafes qui se remettent à brouter, ou encore les grands troupeaux de buffles. C’est aussi un moment propice pour repérer les félins en phase de réveil, se toilettant longuement avant de se mettre en mouvement.

Le guide adapte l’itinéraire en fonction des informations recueillies par radio auprès des autres véhicules et des traces observées sur le terrain. Si un léopard a été aperçu dans un arbre ou une lionne suivie avec ses jeunes, le groupe peut décider de s’installer à distance raisonnable et d’attendre patiemment un comportement intéressant. Cette patience est souvent récompensée par des scènes intimes : tétée des lionceaux, interaction sociale dans une troupe de babouins, ou bain de poussière d’un éléphant. Vers le coucher du soleil, le véhicule cherche un point de vue dégagé pour marquer un arrêt très attendu : le sundowner.

Le sundowner en brousse et le retour nocturne au campement

Le sundowner est l’un des rituels les plus appréciés d’une journée de safari. Le véhicule s’immobilise dans un endroit panoramique, les rangers sortent une petite table pliante, des verres, des boissons fraîches et quelques amuse-bouches. Vous dégustez un gin tonic, un jus de baobab ou une bière locale en regardant le soleil disparaître derrière les acacias, tandis que le ciel se pare de teintes orangées, puis mauves. C’est un moment de convivialité mais aussi de contemplation silencieuse, où chacun mesure la chance d’être là, au cœur de la vie sauvage.

À la nuit tombée, le retour vers le camp se fait parfois en mode safari nocturne, selon la réglementation en vigueur dans la réserve. Un projecteur balaye la piste à la recherche de la faune nocturne : petits carnivores, chouettes, lièvres de brousse, voire un lion déjà en maraude. De retour au lodge, vous êtes accueilli par un feu de camp, un repas chaud et souvent un bref « debrief » de la journée avec votre guide. Dans les camps mobiles, l’ambiance est plus rustique mais tout aussi magique : douches de brousse à ciel ouvert, repas pris sous la Voie lactée, bruits de la savane en toile de fond. Puis vient l’heure de gagner votre tente, en suivant toujours les consignes de sécurité : ne jamais vous promener seul la nuit en dehors des zones autorisées.

Le parc national kruger et les réserves privées du greater kruger en afrique du sud

L’Afrique du Sud figure parmi les destinations de safari les plus réputées au monde, et le parc national Kruger en est le pilier. Avec près de 20 000 km², il s’agit de l’une des plus grandes réserves animalières d’Afrique, en continuité écologique avec de nombreuses réserves privées qui l’entourent : c’est ce que l’on appelle le Greater Kruger. Cette vaste zone sans clôture interne permet aux animaux de circuler librement entre les terres publiques et privées, offrant des densités remarquables de grands mammifères et des observations fréquentes des Big Five.

Pour le voyageur, la grande question est souvent de choisir entre un safari dans le parc public, accessible en self-drive, et un séjour dans une réserve privée. Les secondes offrent généralement une expérience plus intimiste, des véhicules moins nombreux autour des sightings, la possibilité de faire du hors-piste et des safaris à pied ou de nuit. Elles se distinguent également par des lodges haut de gamme, un service très personnalisé et des rangers spécialement formés à l’interprétation de la faune. Parmi ces réserves privées, trois noms reviennent souvent : Sabi Sands, Timbavati et Thornybush/Manyeleti.

Sabi sands game reserve : léopards et big five à londolozi et singita

Sabi Sands, accolée à la frontière ouest du Kruger, est probablement la réserve privée la plus célèbre d’Afrique du Sud. Réputée pour sa densité exceptionnelle de léopards, elle offre des chances inégalées d’observer ce félin emblématique à courte distance et dans de très bonnes conditions. Grâce à un suivi de longue date des individus et à une forte habituation aux véhicules, les guides peuvent les approcher sans les stresser, ce qui se traduit souvent par des scènes de chasse, des accouplements ou des interactions mère-jeune observés sur de longues durées.

Des lodges comme Londolozi, Singita, Ulusaba ou Sabi Sabi ont bâti leur renommée sur un savant mélange de confort raffiné, de gastronomie inspirée et de guiding de très haut niveau. Les véhicules sont limités en nombre autour de chaque observation, ce qui garantit une expérience qualitative et respectueuse de la faune. Certes, les tarifs se situent dans la tranche premium du safari en Afrique, mais pour les passionnés de photographie animalière et ceux qui souhaitent vivre un séjour « une fois dans une vie », Sabi Sands reste une référence absolue.

Timbavati private nature reserve et les lions blancs emblématiques

Plus au nord, la réserve privée de Timbavati est elle aussi ouverte sur le parc Kruger et offre une ambiance légèrement plus sauvage, avec des paysages de mopane, de rivières sableuses et de vastes plaines arbustives. Elle est mondialement connue pour abriter, de manière sporadique, des lions blancs issus d’une mutation génétique naturelle. Leur robe crème, parfois quasi neige, ne constitue pas une sous-espèce mais une variation rare qui fascine voyageurs et biologistes.

Outre cette particularité, Timbavati présente une très belle diversité de faune : éléphants, buffles, girafes, lycaons, guépards et bien sûr de nombreux lions et hyènes. Les lodges y sont variés, allant du confort supérieur aux camps plus authentiques, souvent moins onéreux que les établissements iconiques de Sabi Sands. Pour ceux qui recherchent un excellent rapport qualité-prix, un niveau de guiding sérieux et une fréquentation légèrement inférieure, Timbavati est une option de premier choix dans le Greater Kruger.

Thornybush game reserve et manyeleti : alternatives abordables aux réserves premium

Thornybush Game Reserve et Manyeleti complètent le tableau des principales réserves privées du Greater Kruger. Longtemps clôturée, Thornybush a progressivement ouvert ses frontières écologiques avec le reste du complexe, améliorant encore la dynamique de faune. La réserve est réputée pour ses observations de rhinocéros, de lions et de grands troupeaux d’éléphants, dans un cadre de savane arborée ponctuée de points d’eau artificiels très attractifs en saison sèche.

Manyeleti, quant à elle, reste l’une des zones les plus préservées en termes de fréquentation. Propriété de l’État mais concédée à des opérateurs privés, elle est souvent décrite comme « le secret le mieux gardé » du Greater Kruger. Les safaris y sont particulièrement authentiques : peu de véhicules autour des observations, grande diversité de faune, hébergements allant du camp de tentes simple au lodge confortable. Pour un voyageur qui souhaite une expérience qualitative avec un budget plus contenu que Sabi Sands ou certains camps de Timbavati, Thornybush et Manyeleti constituent d’excellentes portes d’entrée dans le monde des réserves privées sud-africaines.

La tanzanie et ses écosystèmes : serengeti, ngorongoro et tarangire

La Tanzanie propose un tout autre visage du safari, marqué par de vastes espaces ouverts, une densité animale spectaculaire et des paysages parmi les plus iconiques d’Afrique. Le « circuit Nord » combine généralement plusieurs écosystèmes complémentaires : le cratère du Ngorongoro, véritable amphithéâtre naturel, le Serengeti et ses plaines à perte de vue, ainsi que le parc national de Tarangire, royaume des éléphants et des baobabs. Pour ceux qui rêvent de scènes de documentaires nature, c’est souvent ici que la magie opère.

Contrairement à l’Afrique du Sud, le safari en Tanzanie se fait presque exclusivement en véhicule avec chauffeur-guide privé ou en petits groupes, les parcs nationaux n’autorisant pas la conduite autonome dans la majorité des cas sur le circuit classique. Les distances sont importantes mais la variété des paysages, la richesse de la faune et la possibilité d’enchaîner plusieurs parcs en quelques jours en font une destination très adaptée aux premiers safaris comme aux voyageurs chevronnés.

Le cratère du ngorongoro : densité exceptionnelle de rhinocéros noirs

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le cratère du Ngorongoro est une caldeira volcanique effondrée de plus de 20 km de diamètre, formant une cuvette fertile où se concentre une faune d’une densité exceptionnelle. On y trouve pratiquement tous les grands mammifères de la savane, des lions aux buffles en passant par les zèbres, les gnous, les hippopotames et une multitude d’antilopes. La spécificité du Ngorongoro tient toutefois à sa population de rhinocéros noirs, l’une des plus importantes d’Afrique de l’Est, même si l’animal reste discret et farouche.

La descente dans le cratère se fait tôt le matin, car le nombre de véhicules est réglementé et les journées peuvent devenir très chaudes. Les pistes sillonnent entre marais, plaines herbeuses et forêts d’acacias jaunes, offrant des points de vue spectaculaires sur la faune. Il n’est pas rare d’observer en une seule matinée l’ensemble des Big Five, même si le léopard et le rhinocéros noir exigent souvent un peu de patience. En contrepartie, le site est très fréquenté en haute saison : choisir des horaires décalés ou voyager juste avant ou après les pics touristiques peut améliorer l’expérience.

Le parc national du serengeti et la grande migration des gnous

Le parc national du Serengeti est sans doute le synonyme le plus parlant du mot « safari ». Ses plaines infinies, ponctuées de kopjes granitiques, servent de théâtre à la Grande Migration annuelle de près de 1,5 million de gnous, accompagnés de centaines de milliers de zèbres et de gazelles. Ce déplacement circulaire, dicté par la recherche d’herbe fraîche et de points d’eau, est l’un des spectacles naturels les plus impressionnants de la planète. Selon la période de votre voyage, vous pourrez en observer différentes phases.

De décembre à mars, les troupeaux se concentrent généralement dans le sud du Serengeti et la zone de Ndutu, en bordure du Ngorongoro, pour la saison des naissances. De juin à juillet, ils progressent vers le nord et l’ouest, empruntant les vallées de la Grumeti, où se déroulent déjà des traversées de rivières spectaculaires. De juillet à octobre, la majorité de la migration se trouve dans le nord du Serengeti et au Kenya voisin, au Masai Mara, pour les célèbres franchissements de la rivière Mara. Quel que soit le mois, le Serengeti abrite une faune résidente abondante : grands lions territoriaux, guépards adeptes des plaines ouvertes, léopards dans les kopjes et d’innombrables herbivores.

Tarangire national park : concentration d’éléphants et baobabs centenaires

Souvent sous-estimé dans les itinéraires courts, le parc national de Tarangire est pourtant l’un des joyaux du nord tanzanien. Traversé par la rivière Tarangire, qui constitue l’un des rares points d’eau permanents de la région, le parc voit affluer en saison sèche (de juin à octobre) une concentration spectaculaire d’éléphants, parfois réunis en groupes de plusieurs centaines d’individus. Cette abondance attire également de nombreux prédateurs, lions en tête, ainsi qu’une grande variété d’antilopes dont les élands, les koudous et les oryx.

Visuellement, Tarangire se distingue par ses forêts de baobabs centenaires qui ponctuent la savane, offrant un cadre photogénique à souhait. Le relief légèrement vallonné, les marais verdoyants et les points de vue en hauteur permettent des observations variées, notamment pour les amateurs d’ornithologie : plus de 300 espèces d’oiseaux y sont recensées. Pour un premier safari ou pour compléter un séjour au Serengeti et au Ngorongoro, inclure au moins une journée ou deux à Tarangire permet de diversifier considérablement les ambiances et les rencontres animalières.

Le parc national de ruaha et la vallée de selous pour safaris hors sentiers battus

Au-delà du circuit Nord, la Tanzanie recèle des trésors plus confidentiels dans sa partie méridionale : Ruaha et l’ancienne réserve de Selous (aujourd’hui Nyerere National Park). Ces zones, beaucoup moins fréquentées, séduisent les voyageurs en quête d’authenticité et de solitude. Ruaha, avec ses paysages de savane semi-aride, ses rivières bordées de palmiers et ses affleurements rocheux, abrite certaines des plus fortes densités de lions du pays ainsi qu’une importante population de lycaons et d’antilopes sable ou rouanne.

Nyerere, parcouru par le puissant fleuve Rufiji, est l’un des rares endroits de Tanzanie où l’on peut combiner safaris en 4×4, promenades en bateau et parfois safaris à pied. Les croisières sur les canaux et les lacs intérieurs permettent d’observer de près hippopotames, crocodiles, éléphants nageant entre deux rives et une avifaune foisonnante. L’accès se fait généralement en avion-taxi depuis Dar es Salaam, ce qui renchérit légèrement le budget mais garantit une véritable immersion en brousse, loin des grands flux touristiques du Nord.

Le kenya et ses réserves emblématiques : masai mara, amboseli et samburu

Berceau historique du safari moderne, le Kenya reste une destination iconique pour l’observation de la faune sauvage. Ses réserves combinent savanes ouvertes, lacs alcalins, massifs volcaniques et vallées du Rift, avec une richesse animale hors du commun. Pour un premier séjour, trois noms s’imposent naturellement : la réserve nationale du Masai Mara, le parc national d’Amboseli et la réserve de Samburu. Chacun offre une ambiance distincte et des espèces phares, ce qui permet de construire un itinéraire très complet en une dizaine de jours.

Le pays bénéficie d’infrastructures touristiques bien rodées, avec un large choix de camps de tentes et de lodges, du plus simple au plus luxueux. Les safaris se déroulent majoritairement en 4×4 avec guide-chauffeur, parfois en minibus sur les circuits plus économiques. Pour limiter le temps passé sur les routes, de nombreux voyageurs choisissent également des liaisons aériennes internes entre Nairobi, le Masai Mara, Amboseli ou la côte de l’océan Indien.

La réserve nationale du masai mara pendant la traversée de la rivière mara

Prolongement naturel du Serengeti tanzanien, la réserve nationale du Masai Mara est célèbre pour sa faune abondante et pour les franchissements spectaculaires de la rivière Mara pendant la Grande Migration. Entre mi-août et fin septembre, voire jusqu’en octobre selon les pluies, des colonnes de gnous et de zèbres s’amassent sur les berges, hésitant parfois des heures avant de se lancer à l’eau. Les crocodiles guettent, les courants sont forts, et les scènes qui se jouent sous vos yeux sont parmi les plus intenses que l’on puisse vivre en safari.

En dehors de la migration, le Masai Mara reste l’une des meilleures réserves d’Afrique pour l’observation des grands félins : lions aux crinières imposantes, guépards chassant à découvert dans les plaines, et léopards se reposant dans les arbres le long des rivières. Les territoires Masai en périphérie, organisés en conservancies privées, permettent de profiter d’une fréquentation moindre, de safaris de nuit et parfois de safaris à pied, tout en contribuant directement aux revenus des communautés locales. Pour minimiser l’impact de la surfréquentation dans la zone centrale, il est souvent recommandé de privilégier ces conservancies quand le budget le permet.

Amboseli national park avec vue sur le kilimandjaro et troupeaux d’éléphants

Situé au sud du Kenya, à la frontière avec la Tanzanie, le parc national d’Amboseli doit sa renommée à ses paysages de carte postale : immenses plaines dominées par la silhouette enneigée du Kilimandjaro en arrière-plan. Dans le foreground, des troupeaux d’éléphants évoluent lentement dans les marécages verdoyants alimentés par les eaux souterraines venues du massif. Les photographes adorent ce contraste entre la majesté du sommet africain et la présence imposante mais paisible des pachydermes.

Amboseli est également le théâtre d’importants travaux de recherche sur les éléphants, ce qui en fait un lieu privilégié pour en apprendre davantage sur leur structure sociale, leurs communications et les défis liés au braconnage passé. Les densités d’animaux sont élevées dans la zone humide centrale, mais les abords plus secs du parc offrent aussi de belles opportunités d’observation de girafes, zèbres, gnous, chacals et une riche avifaune. Les paysages étant très ouverts, l’observation est facile, ce qui en fait une destination particulièrement adaptée aux familles et aux voyageurs qui effectuent un séjour court.

Samburu national reserve : girafes réticulées et zèbres de grévy endémiques

Plus au nord, dans une région semi-aride traversée par la rivière Ewaso Ng’iro, la réserve de Samburu offre une ambiance radicalement différente du Masai Mara et d’Amboseli. Les collines rocailleuses, les bosquets d’acacias parasols et les zones de brousse épineuse abritent une faune spécialisée dans les conditions sèches. Samburu est surtout célèbre pour ses espèces endémiques de la région dite « Samburu Special Five » : la girafe réticulée au pelage géométrique spectaculaire, le zèbre de Grévy aux fines rayures serrées, l’oryx beisa, le gérénuk (ou antilope-girafe) et l’autruche de Somalie.

La réserve attire également une belle population de lions, léopards et guépards, ainsi que des éléphants qui viennent se rafraîchir et se baigner dans la rivière. La fréquentation y est généralement plus faible que dans le Masai Mara, ce qui se traduit par des observations souvent plus calmes, avec moins de véhicules autour des animaux. Pour un voyageur qui souhaite découvrir un Kenya plus confidentiel tout en restant dans les grandes classiques du safari, Samburu constitue une étape de choix, facilement combinable avec les parcs du centre ou les régions de montagne comme le Mont Kenya.

Le delta de l’okavango au botswana et les parcs du zimbabwe

Si l’Afrique de l’Est évoque les grandes plaines de savane, l’Afrique australe propose une autre vision du safari, structurée autour des cours d’eau, des zones humides et des forêts miombo. Le Botswana et le Zimbabwe incarnent parfaitement cette approche, avec des destinations mythiques comme le delta de l’Okavango, Moremi, Chobe, Hwange ou encore Mana Pools. Ces régions privilégient des modèles de tourisme à faible densité, misant sur des camps de petite taille, souvent accessibles uniquement en avion-taxi, pour garantir une forte qualité d’expérience et une pression réduite sur les écosystèmes.

Le Botswana, souvent considéré comme l’une des destinations de safari les plus exclusives, se distingue par ses safaris en mokoro (pirogue traditionnelle) au fil des canaux, ses îles inondables et ses concentrations d’éléphants. Le Zimbabwe, longtemps boudé pour des raisons politiques, revient quant à lui sur le devant de la scène grâce à la richesse de ses parcs, la compétence de ses guides et un rapport qualité-prix souvent très attractif pour des safaris haut de gamme.

Moremi game reserve et chief’s island en mokoro traditionnel

Au cœur du delta de l’Okavango, la réserve de Moremi protège une mosaïque fascinante de lagunes, de canaux, d’îlots verdoyants et de plaines saisonnièrement inondées. Chief’s Island, l’une de ses zones les plus emblématiques, est réputée pour ses densités élevées de prédateurs (lions, léopards, lycaons) et de grandes antilopes. Les safaris ici se déclinent en 4×4 sur les parties terrestres, mais aussi en bateau à moteur et surtout en mokoro, cette pirogue taillée dans un tronc d’arbre ou moulée en fibre, manœuvrée à la perche par un poler local.

Glisser silencieusement sur une eau lisse comme un miroir, entre les roseaux et les nénuphars, vous offre une perspective radicalement différente sur la faune : regards à hauteur des yeux avec les grenouilles, observation rapprochée des oiseaux d’eau, silhouettes d’éléphants sur les berges, voire parfois traversée de buffles. C’est une immersion sensorielle unique, où chaque son – battement d’ailes, clapotis de l’eau, bruissement dans les papyrus – prend une importance nouvelle. En raison de la saisonnalité des inondations, la meilleure période pour un safari en mokoro se situe généralement entre mai et octobre, lorsque le delta est pleinement alimenté par les eaux en provenance de l’Angola.

Chobe national park : plus grande concentration d’éléphants d’afrique

Plus au nord du Botswana, le parc national de Chobe est célèbre pour abriter l’une des plus grandes concentrations d’éléphants du continent, estimée à plus de 120 000 individus dans l’ensemble de l’écosystème transfrontalier. Le long de la rivière Chobe, surtout en saison sèche, les troupeaux descendent quotidiennement s’abreuver, se baigner et jouer dans l’eau sous vos yeux ébahis. Les croisières au coucher du soleil sur la rivière constituent un moment fort : depuis le bateau, vous observez éléphants nageant entre les îles, hippopotames, crocodiles et de nombreuses espèces d’oiseaux.

Les safaris en 4×4, quant à eux, explorent les plaines riveraines et les forêts de teck de l’intérieur, où vivent buffles, lions, guépards, lycaons et une grande diversité d’antilopes. La zone de Kasane, principale porte d’entrée du parc, peut être assez fréquentée, mais il existe des concessions plus reculées, accessibles par avion-taxi, qui offrent une expérience plus exclusive. Pour les voyageurs qui souhaitent combiner plusieurs pays en un même voyage, Chobe se situe également à proximité des chutes Victoria, facilement accessibles côté Zimbabwe ou Zambie, ce qui en fait un excellent point d’ancrage pour un itinéraire Afrique australe varié.

Hwange national park au zimbabwe et le parc national de mana pools

Au Zimbabwe, le parc national de Hwange et celui de Mana Pools figurent parmi les destinations de safari les plus réputées d’Afrique, particulièrement prisées des connaisseurs. Hwange, plus grand parc du pays, se caractérise par une alternance de plaines sableuses, de forêts de teck et de dizaines de points d’eau artificiels ou naturels. En saison sèche, ces points d’eau deviennent des aimants à faune : éléphants par centaines, buffles, koudous, girafes, zèbres et bien sûr une forte population de lions. Les safaris se font principalement en 4×4, parfois complétés par des marches à pied encadrées par des guides spécialement formés.

Mana Pools, le long du Zambèze, offre une atmosphère totalement différente, presque intemporelle. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le parc est célèbre pour ses immenses arbres albida, ses plaines inondables, ses lions et ses chiens sauvages, mais aussi pour la possibilité unique de pratiquer le safari à pied et le canoë de manière très immersive. Il n’est pas rare d’y observer des éléphants se cabrant sur leurs pattes arrière pour atteindre les branches les plus hautes, des hippopotames sortant du fleuve au crépuscule, ou des troupes de lions se reposant à quelques dizaines de mètres de vous lors d’une marche encadrée.

La combinaison Hwange–Mana Pools, éventuellement agrémentée d’un passage aux chutes Victoria, constitue une alternative remarquable aux circuits plus classiques d’Afrique de l’Est ou du Sud. Les guides zimbabwéens jouissent d’une excellente réputation, issue d’une formation extrêmement exigeante, ce qui se ressent dans la qualité de l’interprétation naturaliste et dans la sécurité des safaris à pied ou en canoë. Pour les voyageurs en quête d’un safari authentique, riche en interactions avec les guides et en expériences variées, le Zimbabwe mérite clairement sa place parmi les destinations les plus réputées.